Errekaleor resiste: semilla de poder popular

Está en marcha una ofensiva contra los espacios de participación popular directa. Quieren acabar con todas las iniciativas que crean tejido social, con esas semillas de poder popular y revolución plantadas en el corazón mismo del sistema.

Esta ofensiva también ha alcanzado a Errekaleor, auténtico barrio ocupado de Gasteiz de fuerte origen obrero que lleva años resistiendo planes urbanísticos, intentos de especulación, coacciones y expropiaciones forzosas. Sin embargo, laresistencia popular -unida al colapso de las iniciativas inmobiliarias- paralizaron el derribo de unos bloques de Errekaleor que ahora vuelven a dar mucho que hablar.

En 2013, un grupo de jóvenes ocupó las viviendas vacías del bloque 26 para poner en marcha un proyecto autogestionado; previamente, el 3 de marzo de ese mismo año, habían participado en la ocupación temporal de la Iglesia de San Francisco junto al movimiento popular de Gasteiz. El fortalecimiento del proyecto en Errekaleor ha posibilitado que el barrio esté organizado mediante una asamblea que coordina los grupos de trabajo. Estos se ocupan de múltiples actividades, desde iniciativas culturales hasta protocolos en caso de incendio. ¿Será esta demostración de que el pueblo puede resolver sus propios problemas lo que preocupa a los poderosos?

El caso es que hoy Errekaleor vuelve a entrometerse en los planes de la burguesía. Escoltada por la policía, una empresa subcontratada por Iberdrola ha procedido a cortar la luz a treinta y dos de las treinta y seis viviendas del barrio. Las protestas de vecinas y vecinos no se han hecho esperar... y tampoco las porras extensibles de las fuerzas del Estado. Un grupo de unas veinte personas ha conseguido defender la caja de electricidad durante dos horas, impidiendo que los técnicos desconectaran la luz del barrio. Pero, finalmente, la brutalidad policial se abrió paso frente a la resistencia de los vecinos y vecinas. Tenemos la razón, pero todavía no la fuerza necesaria. Tiempo al tiempo.

Errekaleor peligra. De esas calles, empapadas en la lucha de los setenta, salió Romualdo Barroso, uno de los obreros asesinado por las balas de las fuerzas del Estado el 3 de marzo de 1976. Y de las cenizas de un barrio a punto de desaparecer nació el proyecto actual, semilla de poder popular, ese que nace en las calles y no en las urnas.

En tiempos como estos, de dictaduras financieras, porras y mordazas; de ilusiones electorales y crisis estructural del capitalismo, Errekaleor es algo más que sus bloques. Es un ejemplo. Ejemplo de que la alternativa no pasa por vueltas al pasado, ni depositando la fe y el voto en salvadores, y ni siquiera en resistir sin más estrategia que el espontaneísmo. La solución es resistir como ellos. La solución es la organización y la lucha en la calle, la creación de un poder popular que sea la base de la revolución que debe nacer. Y que nacerá cuando cada semilla se convierta en raíz.

 

Errekaleor résiste: semence du pouvoir populaire

Une offensive est en marche contre les espaces de participation populaire directe. Les puissants veulent en finir avec toutes les initiatives qui créent un tissu social avec cette semence de pouvoir populaire et de révolution qui pousse dans le cœur même du système.

Cette offensive a aussi atteint Errekaleor, le quartier authentiquement occupé de Gasteiz, un quartier de pure souche ouvrière qui mène des années de résistance aux plans urbains, aux tentatives de spéculation, de contrainte et d'expropriations forcées. Cependant, la résistance populaire – vinculée à l’effondrement des initiatives immobilières – a paralysé la démolition de quelques blocs d'Errekaleor, une affaire qui commence à faire beaucoup de bruit.

En 2013, un groupe de jeunes occupa les demeures vides du bloc nº 26 pour y mettre en place un projet d’autogestion; au préalable, le 3 mars de la même année, ils avaient participé à l'occupation temporelle de l'Église de San Francisco ensemble avec le mouvement populaire de Gasteiz. La consolidation du projet Errekaleor a permis que le quartier soit organisé au moyen d'une assemblée qui coordonne les groupes de travail. Ceux-ci s'occupent des activités multiples, allant des initiatives culturelles aux protocoles en cas d'un incendie. Serait-ce la démonstration de ce que le peuple peut résoudre ses propres problèmes, ce qui préoccupe les puissants?

C’est le cas qu'aujourd'hui Errekaleor recommence à s’ingérer dans des plans de la bourgeoisie. Escortée par la police, une entreprise sous-traitée par Iberdrola a procédé à couper le courant dans 32 des 36 appartements du quartier. Les protestations de voisines et de voisins ne se sont pas fait attendre ... pas plus que les matraques télescopiques des forces de l'État. Un groupe d'environ vingt personnes réussit à défendre la caisse d'électricité pendant deux heures, en empêchant que les techniciens déconnectent le courant du quartier. Finalement, la brutalité policière s’est frayé passage dans la résistance des voisins et de voisines. Nous avons la raison, mais pas encore la force nécessaire. Ça viendra… en son temps.

Errekaleor est en danger. De ces rues, trempées dans la lutte des années 70, est sorti Romualdo Barroso, l'un des ouvriers assassinés par les balles des forces de l'État le 3 mars 1976. Et des cendres d'un quartier sur le point de disparaître, est né l'actuel projet, la semence du pouvoir populaire, celle qui naît dans les rues et non dans les urnes.

Par les temps qui courent, temps des dictatures financières, de matraques et de bâillons; temps d’illusions électorales et de crise structurelle du capitalisme, Errekaleor est bien plus que ses blocs. C'est un exemple. L'exemple de que l'alternative ne passe pas par des retours au passé, par l’abandon de la foi et le vote dans les mains des salvateurs, ni dans une résistance sans autre stratégie que l'spontanéisme. La solution est résister comme eux. La solution est l'organisation et la lutte dans la rue, la création d'un pouvoir populaire qui est la base de la révolution qui doit naître. Et qui naîtra quand chaque grain prenne racine.